Pourquoi l’égalité des femmes dans le monde du travail ne peut plus attendre ?

Les entreprises peuvent-elles se passer économiquement de la présence de femmes dans leur conseil d’administration quand on sait que les entreprises ayant au moins une femme dans leur conseil ont des résultats supérieurs aux autres ? C’est pourtant la réalité de la plupart des entreprises au niveau mondial. Ainsi une étude du Peterson Institute for International Economics http://www.iie.com/publications/interstitial.cfm?ResearchID=2913 publiée en 2016 et co-initiée par EY révèle que dans les 59 pays analysés, la part des femmes dans les conseils d’administration n’est supérieure à un quart qu’en Norvège (40 %) et en Lettonie (25 %). Même si une avancée a été faite ces dernières années en direction de la parité hommes-femmes, la part des femmes au sein des conseils d’administration et des instances de direction demeure largement inférieure à 20% dans la plupart des pays. Parmi les 207 entreprises analysées en Suisse, seules six ont élu une femme à la présidence du conseil d’administration et sept sont dirigées par un CEO féminin. 9,1 % des membres des conseils d’administration sont des femmes et elles sont 8,3% à siéger dans les comités de direction. Parmi les 59 pays où plus de dix entreprises ont été sondées, la Suisse se classe au 56ème rang en terme de représentation des femmes à la direction. S’agissant des conseils d’administration, elle fait un peu mieux et figure au 42ème rang. Au-delà de la féminisation des conseils d’administration, les entreprises doivent également favoriser l’accession des femmes à des postes de direction. Ainsi toujours selon la même étude, sur près de 22 000 entreprises cotées analysées, l’enquête démontre que les sociétés où la part des femmes à la direction dépasse 30%, ces entreprises enregistrent une hausse du bénéfice net pouvant aller jusqu’à 6 points en pourcentage.

Quelles recommandations pour favoriser l’accès des femmes à des postes de direction et de membre de conseils d’administration des entreprises privées ?

Lors de la discussion sur la diversité et l’intelligence culturelle -organisée par notre association le 10 mars 2016 à Genève - les panelistes ont évoqué quelques pistes de réflexion. Les intervenants ont souligné l’importance de placer la question de la diversité et de l’inclusion comme une question stratégique de première importance pour l’entreprise et non comme un sujet annexe réservé au département des Ressources humaines. Les panelistes ont aussi insisté sur le fait qu’il est parfois plus difficile de mettre en place une politique de diversité dans une petite entreprise. Dans ce cas précis, il est important que les dirigeants de l’entreprise montrent l’exemple et joignent le geste à la parole. En outre, les intervenants ont encouragé tous les participants à cette table ronde d’être des agents du changement, par exemple en sensibilisant notre entourage masculin (époux, fils, cousins) aux biais et clichés auxquels sont confrontées les femmes au travail. Il s’agit là aussi de remettre en question constamment notre attitude au travail et plus particulièrement s’agissant des biais que nous pouvons développer en lien avec notre culture, nationalité ou appartenance à un genre. Sans l'égalité professionnelle comment s'approcher de l'égalité de condition entre les femmes et les hommes ?